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“Le travail sous épidémie” : 100 questions, 34 000 réponses et 60 propositions pour sortir de la crise

Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreux entrepreneurs ont fait part des difficultés financières que rencontrent leurs entreprises. La parole a moins été donnée aux salariés.

Les résultats de l’enquête Acemo de la DARES relative à l’activité et aux conditions d’emploi de la main d’œuvre pendant la crise du Covid sont instructifs. La cible de cette étude n’est cependant pas idéale. En effet, seules les entreprises privées ont été interrogées et pas les salariés ! Aussi, trop peu d’éléments sont apportés sur les conditions de travail. C’est pourquoi l’Ugict-CGT a décidé de prendre le problème à bras-le-corps et de s’intéresser à ce que vivent directement les salariés, quelle que soit leur situation (télétravail, travail en présentiel ou arrêt d’activité).

Une centaine de questions, 34 000 répondants, 10 000 témoignages… « Le travail sous épidémie » est une belle enquête que nous offrent les statisticiennes et statisticiens CGT de la DARES et du Ministère des Solidarités.

Ces recherches font ressortir :

  • La diversité du vécu des salarié·es en fonction de leur catégorie : le travail sur site concerne majoritairement les ouvriers/employés (61 %) tandis que 70 % télétravailleur·ses sont cadres et professions intermédiaires ;
  • L’insuffisance flagrante des mesures de protection : seul·es 21 % des salarié·es considèrent que les mesures de prévention sont totalement suffisantes pour les protéger. Dans le détail, 40 % des salarié·es disent n’avoir pas eu suffisamment de masques ou de gants, 63 % qu’il n’y avait pas de mesure d’éloignement immédiat pour toute personne malade et collègue en contact, 93 % qu’il n’y avait pas d’alternative à l’utilisation des transports en commun ;
  • Une augmentation du temps et de la charge de travail ;
  • La surexposition des femmes : davantage exposées aux risques car occupant les métiers en contact avec le public, 36 % des femmes ont subi une hausse de la charge de travail (contre 29 % des hommes) alors que la fermeture des écoles s’est traduite pour 43 % d’entre elles par plus de 4h de tâches domestiques supplémentaires. Le confinement a été facteur de tensions pour 20 % des couples, et de violence pour 2 % des répondant·es.

L’Ugict-CGT ne se contente pas de dresser un tableau de la situation mais est également force de propositions ! Parmi les 60 propositions pour sortir durablement de la crise sanitaire, sociale, économique et environnementale, on peut lire :

  • Le conditionnement de la reprise du travail à la signature d’un accord avec les syndicats ;
  • Le rétablissement des CHSCT   et de leurs moyens ;
  • Le doublement des effectifs des agent·es de contrôle de l’inspection du travail ;
  • La relocalisation de la production, à commencer par les filières stratégiques ;
  • L’embauche urgente de centaines de milliers de travailleurs dans les hôpitaux et dans tous les services publics ;
  • La mise en place d’un dispositif exceptionnel de crédits bonifiés à taux négatifs, refinancés par la BCE  , pour les entreprises, particulièrement pour les PME, à condition qu’elles s’engagent à maintenir l’emploi et les salaires.
Cliquez ici pour apprécier l’ensemble de cette enquête : https://luttevirale.fr/enquete/rapport/

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