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La crise financière de 2008 n’a rien changé…

En 2008, l’insolvabilité de débiteurs nord-américains combinée à une baisse du prix de l’immobilier entraîne la faillite d’organismes de crédit et de fonds d’investissement qui spéculaient sur les « subprimes », ces emprunts immobiliers toxiques. La crise est mondiale. En quelques mois, 34 millions de salariés perdent leur emploi.

Suite à cette crise, en septembre 2008 à Toulon, le Président Nicolas Sarkozy fustige le capitalisme financier :

« Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail créent la richesse, redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l’entreprise et ainsi remettre le capitalisme à l’endroit, voilà à côté du RSA l’autre révolution qu’il nous faut entreprendre. »

Quatre ans après, le candidat François Hollande dans la même veine disait : « dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance  ».

Aujourd’hui, où en sommes-nous ? « L’autre révolution » promise a-t-elle été entreprise ? Oxfam nous livre ses réponses dans un rapport publié le 22 juin dernier.

Selon l’ONG, les versements aux actionnaires du CAC 40 ont augmenté de 70 % depuis la crise financière de 2008. Pendant cette période, la rémunération des PDG a bondi de 60 %, trois fois plus vite que le salaire moyen au sein de ces entreprises. Le SMIC n’a quant à lui augmenté que de 12 %.

Oxfam affirme que la baisse des impôts sur les bénéfices – dispositif initialement dédié à renforcer l’investissement et l’emploi – a permis au contraire à ces entreprises de récompenser toujours plus leurs actionnaires : 71 % des bénéfices des entreprises du CAC 40 ont été reversés aux actionnaires entre 2009 et 2018.

L’étude dénonce la pression des actionnaires pour réaliser des profits à court-terme, empêchant ainsi les entreprises de prendre en compte un horizon plus long et d’investir à la hauteur des besoins dans la transition écologique. En 2018, si la part des bénéfices allant aux actionnaires avait été encadrée à 30 %, l’argent généré aurait permis de couvrir 98 % des besoins en investissement dans la transition écologique des entreprises du CAC 40.

Les années passent, les études relatives aux dérives du CAC 40 pleuvent, et pourtant rien ne change…. Le Président Emmanuel Macron ne vient-t-il pas dans ses réponses à la convention citoyenne sur le climat de refuser la mesure de taxe sur les dividendes à 4% ?

Diego PARVEX et Malek SMIDA

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